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JAGUAR MARK VII (le félin apprivoisé) 30 novembre, 2008

Posté par P7R dans : Catégorie Générale,Récits , 1 commentaire

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Ce dimanche matin là, le froid et la neige n’invitaient guère à la balade en vélo en Ile de France sauf pour quelques Mohicans assez maso pour apprécier et savoir ainsi que le hasard peut bien faire les choses quand au détour d’une rue versaillaise on rencontre une exceptionnelle Jaguar Mark VII sans doute l’un des premières à voir les flèches d’indication de changement de direction.

Après le phénoménal succès du modèle d’après guerre le roadster XK120 capable d’atteindre les 190km/h (120 pou 120 Miles per hour soit l’équivalent de 190 km/h) avec son moteur 6 cylindres en ligne de 3l4 de cylindrée  développant 160CV, le patron de Jaguar William Lyons, qui n’était point encore Sir William (cela viendrait par la suite) estima qu’il fallait que sa firme développe une berline, grande routière confortable et performantes. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi même c’est lui même qui a dessiné la ligne intemporelle de cette berline 4/5 places la Mark VII. Malgré un poids imposant (1700 kilos) elle avait des performances exceptionnelles pour l’époque : vitesse maxi de 160 km/h et en accélération 0à 100 km/h en 13.4 secondes. ( Pour mémoire la plupart des berlines européennes plafonnaient à 140 km/h au début des années 50).

Paradoxalement ce modèle s’est frotté à la compétition et 2 Mark VII pilotés par les Français René Cotton (futur patron du service sport de Citroen) et Jean Heurteaux ont pris les 4ème et 6ème places du Rallye de Monte-Carlo 1952 et le grand Stirling Moss lui même a gagné plusieurs courses sur le circuit de Silverstone courses réservées aux conduites intérieures.

En 1952 mon parrain Louis possédait ce modèle et comparé à la Ford Vedette (V8 de 65 CV)de la famille j’étais bluffé par les accélérations et le luxe inouï de l’intérieur. Louis était un personnage extraordinaire, très bel homme avec une ressemblance marqué avec l’acteur Gary Grant en brun, qui avait eu une existence aventureuse en Mandchourie, en Chine puis en Indochine où pendant la guerre après avoir été torturé par la Kempétaï (une espèce de Gestapo nippone) il avait été fusillé et laissé pour mort. Par miracle il avait réchappé à cet évènement et considérant désormais qu’il était immortel il a passé le reste de sa vie à conduire des voitures puissantes qu’il poussait au maximum de leurs possibilités et quand il m’emmenait le roi était  mon cousin. J’ai toujours pensé que c’était de lui que je tenais mon amour des belles voitures.

Voici les photos de celle que j’ai eu la chance de rencontrer grâce à l’alliance du vélo qui incite à  musarder et du portable qui permet de saisir un moment de bonheur fugace.

dsc02958.jpg Sous cet angle on peut admirer le dessin de Sir Williams, avec cette particularité très british, les roues arrières masquées par des « fenders ».

dsc02960.jpg De trois quart avant la Mark VII dégage un sentiment de puissance maitrisée.

dsc02957.jpg Finalement cette ligne va être reprise sur des générations de berlines Jaguar.

dsc02967.jpg Le détail qui tue : la flèche qui sert d’indicateur de changement de direction.

dsc02962.jpg L’envol du Jaguar.

dsc02968.jpg A l’intérieur calme, luxe et volupté avec un environnement de cuir et de bois ; mais que fait cette roturière Twingo dans le décor ?

dsc02966.jpg Arrière fuyant où la taille du coffre est inversement proportionnelle aux volumes des feux arrières.

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COINCIDENCES GAZOLINESQUES 16 novembre, 2008

Posté par P7R dans : Histoire , 1 commentaire

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Les Alpine toujours en nombre au rendez-vous de Gazo.

La météo était mauvaise et à lire quelques commentaires sur le FAR du style volatile mouillée « je viens s’il ne pleut pas » je pensai me retrouver parmi les rares et les purs, et comme j’avais pris du retard à l’allumage dés le réveil, je suis arrivé à des heures aussi tardives que les vendanges du même nom chères à l’ami Antoine…pour trouver un parking archibondé et un lot impressionnant de berlinettes, A110, GT V6 Turbo, R5T, R8G, quasiment toute la game des Alpine et Renault sportives. Bien m’en a pris  d’avoir braver ce vilain grésil rendant l’atmosphère humide et poisseuse, car comme toujours dans ce repaire connu des initiés l’ambiance était chaude et chaleureuse et pour moi l’occasion de quelques coincidences fort troublantes.

C’est tout d’abord Al1 qui me sort une photo « extraordinaire » dont il ne peut même pas me dire l’origine sinon trouvé au fond d’un tiroir de son bureau lors d’un rangement et qui représente 2 berlinettes une bleue et une jaune et cette dernière est Jaune Vanille, photo prise probablement lors d’un Festival Auto-retro dans le parc de  Saint-Cloud au début des années 80.

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En cliquant pour agrandir cette photo vous noterez à coté de Jaune Vanille, une 1300VC avec la bande sur le parebrise Centre technique Alpine …et surtout la jeune femme en blouson blanc pourait et devrait être Dame Nicole elle même !!!

Et puisqu’on en est aux coincidences je rencontre  coup sur coup 2 A610 (pas fréquent) et du même rouge nacré 776 (ce qui devient exceptionnel), les Alpinautes venant tous les deux d’acquérir leurs bijous, l’un provenance suisse.

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Cette A610 dans un état exceptionnel de conservation revient de Suisse et va faire le plaisir de son nouveau propriétaire,… qui un bonheur ne venant jamais seul vient de trouver une A110…aux Pays Bas !!!

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La 2ème A610 presqu’aussi nickel que la précédente (seule petit défaut retro repeint…pas exactement dans la même teinte, ha! ce rouge nacré 776 difficile à reproduire. Et à droite celle de P7R dans son garage.

Et comme il n’était pas question d’en rester là au domaine des coincidences rencontre avec une Citroen SM Maserati, carbus, 1972 avec couleur sable….comme la mienne.

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La SM de Gazo dans son décor champêtre et la mienne au chaud dans son garage, même année, même couleur, même modèle version carbus.

Et au détour du chemin rencontre avec Enrico et son fils Fred (Fred de Londres dont j’ai fait la connaissance lors du dernier Monte-Carlo Historic) venus en voisins (quand Fred n’est pas à Londres où il vient d’acquérir une très rare Alpine LeMans conduite à droite tout de même, il est chez son papa du coté d’Anet) avec une R8 Gordini équipé d’un bloc 1296cm3 avec filtre à air flashy.

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La R8G de l’ami Enrico peut être considérée comme une référence avec en plus cerise sur le gateau un bon 1296cm3 bien ronflant.

Et pendant que je musardais ainsi au grè des rencontres certains petits camarades facétieux se livraient à des jeux à la limite du bon goût avec Jaune Vanille :

1) en transformant cette berlinette légendaire en …BARlinette avec bouteilles sur le toit, le tout sous l’oeil de la Maréchaussée,

2) en trafiquant 2 documents l’un sur la SM (qui est à vendre) l’autre sur JV (juste une présentation) de mon cru pour en ressortir un où il apparaissait que Jaune Vanille était en vente à 15000 euros avec les options : cuir, radio,climatisation…d’où à mon retour un attroupement car à ce prix là c’est rapidement l’émeute…sans parler ceux qui estimaient que les options citées faisaient penser à de la publicité mensongère. Comme quoi froid et humidité n’ont pas empêché une chaude ambiance d’autant que la framboise de PhL et la prune de CityHunter sont de bons et véritables anti-gel !!!

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Ce document a tout d’un faux !

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Ou comment transformer une berlinette en BAR…linette !!!

Et pendant que les plaisantins plaisantaient, notre Maître PhL cogitait à l’aide de son PC pour mettre au point le Powerdyn capable de donner la puissance vraie de nos moteurs vitaminés.

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PhL en action de dos et de façe.

Et vous voudriez que l’on soit triste en revenant de Gazo sous la pluie les essuie-glaces de Jaune vanille rythmant mélancoliquement le temps qui passe, vivement le mois prochain.

 

 

 

 

LE SERGENT JEAN N A PU ETRE SAUVE ! 10 novembre, 2008

Posté par P7R dans : Histoire , 7 commentaires

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Soldats du 91ème RI bivouaquant avant l’attaque allemande dans les Ardennes. (mille remerciements à Patrick Pen que je ne sais comment contacter).

Quand j’étais enfant, chaque fois que nous passions devant l’Etoile mon papa qui avait fait la Grande Guerre me disait à propos de la tombe du Soldat Inconnu que c’était là que reposait mon oncle Jean. Puis les années ont passé, les membres de ma famille appartenant à cette génération ont eux aussi disparu et avec eux les derniers souvenirs de cet oncle Jean. Et puis la lecture d’un article signalant la mise en mémoire des fiches de décés de TOUS les morts de 1914-18 sur un site du Ministère de la Défense a aiguisé ma curiosité et voilà ce que j’ai découvert :

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

 

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Magie du mariage des techniques modernes et de la pointilleuse administration gauloise, voilà que mon oncle Jean ressurgissait en quelque sorte me donnant envie de partir à sa découverte.Déjà je trouve extraordinaire que chaque soir après les combats un « plumitif » remplissait consciencieusement une telle fiche de décès, et que par la suite par une série de miracles la dite fiche avait rejoint l’arrière pour y être stockée et échappait au Temps, aux rats, aux inondations, au feu, à une deuxième guerrre, bref à l’oubli ..pour attendre l’ére de la numérisation et la survie. Ainsi je me découvrais un oncle, sergent, un des premiers morts de la guerre encore qu’on ait du mal à bien lire la date du décés, 25, 27 ou 28 aout.

Je me suis remis à lire le manuscrit perdu et retrouvé de mon autre oncle Tony (ce dernier incarcéré par la Gestapo à Fresnes puis à Compiègne avait essayé d’écrire sur un cahier d’écolier l’histoire de la famille en attendant d’être fusillé ou déporté, mais ceci est un autre histoire, ainsi que celle du manuscrit perdu et retrouvé et numérisé avec une patience de bénédictin par Hugues un petit neveu helvète) dans lequel Jean est évoqué brièvement. C’était comme on dit un joyeux luron et un fieffé sauteur la légende familiale prétendant que l’annonce de sa mobilisation avait été saluée avec soulagement par de nombreux cornars dans la bonne ville de Charleville.

Et puis j’ai retrouvé toujours grâce à Internet le Journal de Marche du 91ème Régiment d’Infanterie et donc indirectement quelques trâces des derniers jours du Sergent Jean.

Petit rappel historique :

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Assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo en juillet 1914

Suite à l’assassinat du Prince héritier de l’Empire Austro-Hongrois à Sarajevo, c’est la mobilisation générale en France dés le 1er aout, et dés le 3 aout l’Allemagne déclare la Guerre, le 91ème RI basé à Charleville se trouvant en première ligne. Selon le plan Von Schliefen les Allemands envahissent la Belgique neutre (et dire que la leçon ne sera pas retenue et le même déferlement aura lieu en mai 1940) et occupent Mons et Namur. Pour éviter l’encerclement de la Vème armée le Général Lanzerac décide de reculer par le Sud-Ouest de Charleroi et pour cela il faut sacrifier le 91ème RI chargé de sécuriser l’aile orientale. Le sauvetage de la Vème armée permettra quelques semaines plus tard l’arrêt de l’invasion à la Bataille de la Marne (on est encore dans la guerre de mouvements, chaque partie pensant qu’une victoire scellerait rapidement le conflit). C’est dans le cadre de cette bataille de Charleroi, que le sergent Jean a été tué fin aout à la tête de sa section en défendant un carrefour stratégique au lieu dit La Thibaudine et son corps n’a jamais été retrouvé.

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Le Caporal André Peugeot le premier tué de la Guerre.

Extraits du Journal de Marche du 91° RI :

 » I – Mobilisation et premiers combats 1er aout 1914 – 23 aout 1914.

Le 1er aout le 91°RI s’embarque en chemin de fer à Charleville. Malgré l’émotion générale, le silence le plus receuilli ne cesse de régner jusqu’au moment du départ des trains, où, d’un même coeur et avec la même foi , tous entonnent la Marseillaise.

Débarqué à Stenay, le jour même, le Régiment gagne les emplacements prévus par le dispositif dit « de couverture », dans une région qui prolonge les Hauts de Meuse, au nord-ouest de Stenay ; il stationne dans la région de Vittarville, incorporant son 2ème échelon et de tenant prêt à toute éventualité.

Le 10 aout, le 91°, qui est en position d’attente entre Mangiennes et Pillon, reçoit la mission d’arrêter l’ennemi, de le forcer au combat pour évaluer ses forces. Appuyé par de l’artillerie, un bataillon ennemi se dirige sur Mangiennes. Il ne peut continuer sa progression enrayée par les feux de mousqueterie des 2° et 3° bataillons ; il se voit même obligé de se retirer en désordre, laissant aux mains du 91° deux canons de 77, trois mitrailleuses, et abandonnant sur le terrain de nombreux morts et blessés. Cette première rencontre avec l’ennemi marque le premier succès du 91° RI., auquel l’ordre n°3 de la 4° DI du 14 aout 1914 apportait « les vives félicitations de son chef le Général Rabier, pour avoir rempli brillamment son rôle de couverture ». Le Colonel Blondin et le Commandant Beslay étaient cités à l’ordre de l’armée.

L’ennemi, inquiet de la résistance rencontrée ne renouvelle pas ses tentatives les jours suivants. Jusqu’au 20 aout le Régiment stationne entre la Chiers et la Meuse.

La mobilisation et la concentration des troupes sont à cette époque terminées. La 4° DI., dont fait partie le 91° est rattachée avec le II° C.A et  la IV° armée (Général Langle de Cary); les troupes vont maintenant « se mettre en marche vers les grandes batailles qui décideront du sort de la France, de sa grandeur ou de son abaissement, de sa tranquillité future ou de son asservissement à la brutalité allemande « . (Ordre n°5, 4° DI).

La IV° armée, qui a l’ordre d’attaquer, se dirige vers Neufchateau. Le 22 aout 1914, le 91°, flanc garde de la 4° DI s’engage dans la région boisée et très accidentée de l’Ardenne belge ; un épais brouillard règne sur la contrée. La présence de l’ennemi étant signalée, le Colonel Blondin prescrit au 3° bataillon de s’établir sur le plateau à l’Est de la route Villeers-la-Loue-Houdrigny ; le 1° bataillon garnit la crête entre Houdrigny et Robelmont ; le 2° bataillon est en réserve. En débouchant sur le plateau le 3° bataillon est accueilli par une violente fusillade, des feux nourris de mitrailleuses , des rafales serrées de 77. La situation est pénible, les pertes sont sérieuses. Le Commandant Barrard, blessé, reste à la tête de son bataillon ; les hommes encouragés par cette exemple, s’accrochent au terrain qu’ils ne cèdent pas. Appuyé par l’artillerie divisionnaire, le 2° bataillon reçoit l’ordre de reprendre l’offensive. Tous font preuve du même courage, mais se heurtent aux mêmes difficultés. L’ennemi concentre sur ces unités le feu violent de ses batteries lourdes ; à son tour le 2° bataillon est immobilisé, son chef, le Commandant Beslay, est blessé grièvement Jusqu’à la nuit, le régiment continue à se cramponner à ce terrain dont il ne cèdera pas un pouce, jusqu’au moment , où vers 23 h, il recevra l’ordre de repli. La retraite va commencer.

II -La Retraite – La Marne 22 aout 1914 – 6 septembre 1914.

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Carte Michelin montrant le village d’Yoncq et le lieu dit la Thibaudine, lieu de violents combats lors de la retraite du 91° RI couvrant l’aile droite de la IV° armée.

Suivant l’ordre général de repli, le 91° RI se porte dans la direction de Grandpré par Stenay. Le 28 aout, le régiment est mis à la disposition du XIII° CA., pour attquer sur Yoncq et couvrir la retraite ; l’offensive ennemie est momentanément enrayée. Le Capitaine Coulaux, commandant un groupement de 2 compagnies, réussit à se porter en vue de Villemontry, grâce au désordre que son initiative a porté chez les Allemands, il parvient à rejoindre le régiment sans être inquiété. »

Et le journal de marche du 91° continue ainsi jusqu’à la fin de la guerre . Il faut saluer l’abnégation, le courage, la persévérance de ceux qui ainsi jour aprés jour étaient chargés de témoigner par écrit des activités d’une unité combattante le tout en maniant avec la plume, la litote et la pudeur. Un grand merci à Jean-Claude Philippot qui a numérisé ce Journal de Marche pour qu’il soit accessible à tous sur le Net.

Revenons au dernier paragraphe ci-dessus qui parle de l’engagement autour de Yoncq le 28 Aout ; la Thibaudine étant proche de ce village on peut en déduire que la mort du Sergent Jean  7R a lieu le 28 aout et voilà levé le doute apparu sur la fiche de décès sous les ratures du secrétaire de compagnie.

La Thibaudine carrefour commandant la route vers Verzier et donc Reims, on peut imaginer que le Sergent et sa section ont été sacrifiés pour  assurer la retraite de la IV° armée vers Vitry le François où début septembre sur l’initiative du Général Joffre elle participera à la Bataille de la Marne qui stoppera l’avançée ennemie et marquera la fin de la guerre de mouvements (technique traditionnelle des belliérants depuis le Moyen-Age) et l’avénement de l’horreur stupide et inutile de la guerre des tranchées.

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Vue aérienne du lieu dit la Thibaudine près du village de Yoncq dans les Ardennes.

Revenons au fameux manuscrit perdu et retrouvé (comme celui de Saragosse) document écrit par l’oncle Tony entre mars 1943 et septembre 1945 à une période de sa vie dont il pensait la fin proche afin de témoigner de l’histoire de la tribu des 7R. Document retrouvé et numérisé par mon jeune petit neveu Hugues entre 1995 et 1998 par la grâce ou la faute d’une longue interruption pour cause de jambe cassée. Et voici la partie consacrée à Jean.

« Jean, son frère puiné, un beau garçon brun de 1m90 rompu à tous les sports, titulaire de la Médaille d’EPS du Ministère de la Guerre et dont les orages de jeunesse commencèrent dès le lycée, s’engagea dés 1912 au 91° Régiment d’Infanterie à Charleville. Sergent à la déclaration de la guerre, il fut tué dés le 28 aout 1914 à la Thibaudine sur les crêtes de Yoncq à Beaumont près de Sedan ; il n’avait que 22 ans…

…Sa mort a été racontée à l’oncle Tony par un camarade et frère d’armes de Jean, le sergent François d’Izarny-Gargas (fils du Colonel commandant le 132° RI) dans la lettre suivante :

Tranchées de l’Argonne, 8 novembre 1914, Mon cher camarade, je reçois votre lettre du 29 octobre et m’empresse aussi bien que je peux dans mon terrier. Auparavant, je vous dirais que j’ai envoyé il y a quelques jours, tous les renseignements que je ous envoie à Madame votre Mère par l’intermédiaire de la mienne. Donc voici les faits qui m’ont forçé à pleurer depuis deux mois certainement mon plus cher ami et mon camarade le plus dévoué ; car il est inutile de vous dire que notre camaraderie, qui était déjà quasi fraternelle en temps de paix, était devenue depuis le début de la guerre une union que seule la mort pourrait rompre : enfin notre seule consolation est de pouvoir dire qu’il est mort en brave, le fusil à la main, et d’un autre coté il n’a pas souffert car la balle qu’il a reçu à la tête l’a foudroyé. Pour en revenir aux faits, Jean a été tué vers midi le 28 aout, en faisant l’assaut des crêtes de Yoncq, près dela femre de la Thibaudine, dans les environs de Beaumont près de Sedan. Malheureusement le soir, nous avons battu en retraite, forçés comme nous l’étions à ce moment là, et son corps a dû être enterré soit par nos infirmiers, soit par les Allemands, mais où ???….

Le sergent d’Izarny, qui n’avait que 21 ans, fut tué à St-Hubert en Argonne le 13 novembre, 5 jours après avoir écrit ce qu’il savait sur Jean, dont le corps ne fut jamais retrouvé. En 1927 l’oncle Tony et sa femme ont été en pélerinage à la Thibaudine mais les champs n’ont pas livré leur secret.

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Document officiel attestant de la disparition du corps du Sergent Jean.

Reprenons le manuscrit de l’oncle Tony pour terminer par une note plus joyeuse :

« … Malgré sa turbulence et quelques fois sa violence, l’Oncle Jean était un garçon au coeur sur la main. A Charleville il faisait parti du Cercle des Chevaliers de Gonzague, club assez fermé de la jeunesse dorée de l’endroit et qui selon la rumeur publique, en dehors de fréquentes et fraternelles agapes avait surtout pour mission de consoler les cocus ; et pour être sûrs de ne pas y faillir, ces chevaliers ne se manquaient pas d’en faire… ».

C’était donc , en quelque sorte ma modeste contribution, en cette période de commémoration du 90ème anniversaire de la fin de la Grande Guerre et surtout un afectueux salut à mes ancêtres les 3 frères Jean, Antoine et Pierre, mes 2 oncles et mon père.

Remerciements à l’anonyme secrétaire qui a tenu à jour les fiches de décès du 91° RI en aout 1914, aux anonymes qui ont tenu le Journal de Marche pendant cette même période, à mon petit neveu Hugues qui a numérisé le manuscrit de l’oncle Tony, à Patrick Pen auteur de la photo d’ouverture, à  Jean-Claude Philippot qui a numérisé le Journal de Marche du 91° RI.

PS : par le hasard un moteur de recherche m’a fourni le site référençé ci-dessous et concernant les élèves du Lycée Faidherbe à Lille morts pour la France en 1914-18 et j’ai donc trouvé une fiche sur Jean 7R que l’on peut consulter en cliquant à l’adresse ci-dessous . Et petit mystère notre héros ne mesure plus que 1.82 cms. Alors 1.82 ou 1.90 il s’agit là du mystère absolu qui désormais ne pourra jamais être éclairci.

Et remerciements à Mr Desnoyelle responsable de ce formidable travail de mémoire.

http://www.faidherbe.org/site/denoyelle/14-18/seitert_j.htm

PS : quelques semainesplus tard j’ai reçu un courriel de Mr Vincent Denoyelle qui s’occupe du site des anciens du Lycée Faidherbe et qui m’ acommuniqué un document du Jean Seitert, sa fiche d’Etat Civil. Et daprès lui l’oncle Jean était effectivement grand, 1.90m plutôt que le 1.82m annonçé. Remerciements à nouveau .

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Incroyable mémoire des textes écrits qui traversent le temps !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE MAISON EXTRAORDINAIRE 5 novembre, 2008

Posté par P7R dans : Histoire , 2 commentaires
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Quand on se baguenaude à pied ou à vélo sur le front de mer du coté de Bernières un petit village de la cote normande entre Courseulles à l’Ouest et Riva Bella à l’est, dans la zone du débarquement baptisée Juno Beach, on peut prêter une attention toute particulière à cette villa qui présente la double particularité d’avoir été sans doute la première maison libérer et la seule du front de mer à avoir résisté aux dommages de guerre. Amis lecteurs je vous convie à un voyage dans le temps, ce 6 juin 1944 avec les troupes candiennes du régiment de la Chaudière et du Queen’s Own Rifles en imaginant que le légendaire Franck Capra était « himself » dans les parages.

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A l’aube une LCI essaie à s’approcher le plus près possible de la plage sous les tirs ennemis.

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Les premières troupes atteignent le rivage. A l’arrière plan les maisons ont souffert des tirs et bombardements.

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Des agents de liaison avec leurs drôles de vélos pliants.

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Portant les stigmates des combats notre maison extraordinaire a servi d’infirmerie et de PC.

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Le sergent Gagnon aide à l’évacuation des civils. Il sera tué quelques jours plus tard le 13 juin à Rots à l’intérieur des terres.

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Les gars du Régiment de la Chaudière, à l’abri des blindés, pénètrent dans le centre du village. La rue est depuis baptisée « rue de la Chaudière ».

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Pour ces prisonniers (souvent des malgré eux, des russes, des hongrois, des tchèques) le cauchemar est terminé.

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Une plaque rappelle sobrement le destin exceptionnel de cette maison.

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Ma petite dernière pose fièrement dans les rayons d’un soleil automnal devant la maison témoin d’un des plus grands évènements du siècle dernier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TR6 L’ULTIME VRAIE TRIUMPH 3 novembre, 2008

Posté par P7R dans : Histoire , 7 commentaires

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Hier dimanche un rayon de soleil me motive à enfourcher mon vélo pour lutter contre mes maux chroniques de dos et à partir à l’aventure En passant à travers le Parc du Chateau de Versailles je rencontre bien garée sur le pavé un superbe exemplaire de TR6 qui est sans doute aucun l’ultime et véritable roadster de la lignée des TR, tout le monde étant bien d’accord pour considérer que la TR7 est un accident ou du moins un péché contre l’esprit.

La TR6 PI, héritière de la TR5 (on ne ricane pas) est une évolution qui a été produite de 1969 à 1976 c’est à dire sur une période assez longue. Son moteur , un 6 cylindres de 2498cm3, provenant de la TR5, équipé d’une injection électronique Lucas (je crois qu’il y a eu cependant quelques modèles avec carbus) développpait 152 CV et permetttait à l’engin de frôler les 200 km/h une vitesse largement suffisante pour un roadster avec chassis à l’ancienne. Le prix en 1970 était de 22040 Frs. Rappelons que le dessin de la TR5 est de Michelotti alors que l’évolution de cette TR6 a été confiée à l’allemand Karman.

Caractéristiques techniques :

Moteur : 2498 cm3, 6 cylindres en ligne, 152CV DIN à 5500 t/m, injection indirecte Lucas.

Transmission arrière : AR avec BV 4 vitesses + overdrive.

Direction : à crémaillère.

Freins : Disques à l’avant, tambours à l’arrière.

Poids : 1100 kgs.

Vitesse (usine) : 200km/h.

Cote actuelle : 18000 euros (prix en 1970 20000 frs).

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Le carrossier Karman a bien sû garder l’esprit roadster.

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Le modèle rencontré est dans un état impeccable de présentation.

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Tableau de bord typiquement british avec une instrumentation complète. A noter le système de canne anti-vol qui n’est pas d’époque, car sous certains angles la nôtre est bien triste.

 

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