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SORTIE DE ROUTE POUR JAUNE VANILLE (grande première !) 3 février, 2011

Posté par P7R dans : Histoire , 72 commentaires

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En ce funeste dimanche 30 janvier de l’année 2011 au mitan de la journée, après avoir échappé aux pièges (mi neige, mi-sec) du col de l’Echarasson dans le Vercors, à la sortie du tunnel des Roussets, dans la première épingle à droite du col du même nom P7R meurtri et contrit dans son amour propre a fait un tout droit dans le muret fracassant l’aile avant gauche de Jaune Vanille, la vaillante berlinette avec laquelle il concubine depuis 36 ans, une perte de virginité en quelque sorte. Le pilote assume totalement l’erreur de pilotage car avec une 1600SC (chassis avec arrière de l’A310) il faut entrer dans une épingle debout sur les freins pour charger le train avant puis balancer le volant pour provoquer le passage de sous-virage en survirage et contrôler la dérive avec le contre-braquage et l’accélérateur. Or P7R sans doute distrait a tout fait faux : pas de freinage, pas d’appel contre-appel et surtout une fois le sous virage patent il a freiné au lieu d’accélérer.

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L’ami Patrick surnommé numéro II (pour ne pas confondre avec P7R) examine les dégats : anti-brouillard explosé, clignotant idem, aile délaminée, parechoc choqué et sans doute une bielle de direction faussée. Haut les coeurs c’est du costaud une Alpine.

Première réaction à chaud du propriétaire-pilote : « trop vieux, trop con, Jaune Vanille est à vendre en l’état! » Propos outranciers s’expliquant par la vexation profonde du sus-dit et rapidement démenti suite à un powpow réunissant les Mohicans participant à la Winter Mohican Cup (voir par ailleurs) powpow débouchant sur une série de décisions sans appel à savoir : primo : fêter dignement l’évènement en sabrant le champagne sur le thème « une sortie de route tous les 36 ans cela se fête », deuxio : la voiture étant en état de rouler rallier après la WMC la Drôme à la Dordogne pour se rendre en pélerinage à Tremolat où sévit notre « Mignotet de la carrosserie » à savoir Frère Dom présent sur le lieu du crime de lése majesté.

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Les Mohicans en train  de sabrer le champagne à l’entrée de Die avec Jaune Vanille shootée sur le bon coté avec ses copines de jeu. Frère Dom au téléphone prévient les populations locales de la venue des Barbares.

Dans le souci louable d’atténuer ma douleur, douleur fort bien supportée par les autres selon PhL j’ai regardé le site de l’A.C.Monaco avec les photos prises des différents concurrents et j’ai pu apprécier de nombreuses touchettes artistiques de l’avant avec une répartition équilibrée à gauche et à droite. Il semblerait donc que la pratique du sousvirage involontaire ne soit pas le strict apanage de P7R et surtout que dans un souci de juste répartition les propulsions comme les tractions soient concernées dans un égal partage. Sans omettre l’impressionnante sortie de route de la berlinette d’Eric Comas, berlinette auprès de laquelle l’état de la carrosserie de Jaune Vanille fait songer à la différence qui peut exister entre un fruit pelé et une compote.
Et je cite PhL citant le grand Walter Rohrl aussi efficient avec une traction qu’avec une propulsion : « le sous-virage c’est quand je vois l’arbre que je vais percuter, le survirage c’est quand je ne vois pas cet arbre »

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La berlinette d’Eric Comas après une violente sortie de route, P7R ne sent plus tout seul !

Depuis la vaillante berlinette accidentée (défigurée ?) a fait le pèlerinage de Tremolat ralliant les 600 kms qui séparent la Drôme de la Dordogne  avec cette consigne de prudence « vas y très mollo vers Tremolat » et bruler quelques cierges devant l’autel de Saint Cybard ermite de l’endroit et remettre JV aux mains expertes de notre sorcier-spécialiste le bon Frère Dom. Prudents nous avons quitté le maitre des lieux sur un hébraique :  » A l’année prochaine… »

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Jaune Vanille : c’était AVANT au temps de sa splendeur.

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C’est Jaune Vanille APRÈS, défigurée et meurtrie.

Festival de touchettes :les copains photographes comme Daniel, Manfred, JLB ont pris quelques photos pendant le Monte-Carlo Historic et me consolent en quelque sorte, la mode de la touchette avant est de saison.

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Et cette fois c’est VRAIMENT une sortie de route avec mise sur la casquette sur le grand air : « descendez ! on vous demande ! ».

154j10.jpg photo Manfred.

Mon P7R tu n’es pas tout seul tu sais !!!

La résurrection de Jaune Vanille.

Voici quelques nouvelles amenées par le vent de suroit en provenance du Périgord lointain. Il a fallu un certain temps et même un temps certain pour que le Grand Sapiteur Sans Peur et Sans Reproche désigné et mandaté par la Compagnie d »Assurance, la sus dite fort surprise d’ailleurs par ma déclaration(« diantre, un seul sinistre en 36 ans, voila qui est louche, il est urgent de lançer une enquête ! ») arrive donc en pélerinage à Tremolat et sous l’égide de Saint Cybard, et mande à son tour Frère Dom surnommé par les aficionados de la fibre  le « Mignotet du polyester » pour lancer les travaux de reconstruction de la face avant.Voici les toutes premières photos qui risquent toutefois de heurter les âmes sensibles et elles sont donc à voir aprés avoir pirs toutes les précautions habituelles : lunettes noires, kleenex, douceurs sucrés et elixir.

imgp1687.jpg Une fois démontés tous les accessoires, la face avant dévoile les outrages des ans et du muret fort mal placé.

imgp1688.jpg Les mains du Sorcier de Tremolat sont passées par là : JV (Jaune Vanille) retrouve son aspect JV (Jeune Vierge).

Mais il fallait compter avec le coté perfectionniste du « Mignotet du polyester » qui une chose entrainant l’autre a décidé de refaire le nez de requin fort abimé selon lui par la participation de Jaune Vanille à Paris-Dakar (????) en fait les conséquences douloureuses du franchissement des innombrables « gendarmes couchés » qui ont fleuri ces dernières années jusque dans les villages les plus reculés de notre beau pays.

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Vu du nouveau visage de Jaune Vanille après sa reconstruction faciale.

Toutefois notre sorcier tremolacois jouant le rôle de Grand Inquisiteur a débusqué dans la partie arrière droite des séquelles fort facheuses de la vie dissolue de cette berlinette quand elle tractait (si,si,si) un attelage comprenant remorque et voilier de compétition) avec un mémorable tête à queue sur l’autoroute à hauteur de Montelimar en janvier 1975 agrémentée il y a 2 ans par une sodomie de la part d’un gros 4*4 teuton et turbo-diabolisé. Résultat  de tout ceci le manchon du faux chassis arrière qui tient la coque est dans l’état suivant :

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Wow ! on imagine que le manchon a été tordue par les contraintres anormales, la résine qui enrobe le dit manchon s’est fissurée, l’eau projetée par la roue arrière s’est pernicieusement introduite dans le manchon et voici le travail ?

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Le sorcier a amputé, soudé ,repeint et il ne reste plus qu’à noyer l’ensemble dans la résine.

Mais « sur l’écran noir de mes nuits blanches  » il m’arrive de cauchemarder en voyant cette image terribble qui risque de vous faire frémir, comme si la sortie de route avait été nettement plus drastique.

jvbobo.jpgLe muret aurait il été plus abrasif que ce que P7R a ressenti ?

Les mois ont passé, sous les mains expertes du sorcier de Trémolat et celles du Picasso de Bergerac, la bverlinette a repris des formes et des couleurs comme l’attestent les photos ci-dessous et au moment de taper ces lignes Frère Dom s’est lançé dans le long remontage de toutes les pièces.

080411068.jpg En cours de préparation dans la Carosserie Périgourdine à Bergerac.

foto668.jpg  Ciel ! JV a viré au bleu ! en fait une couche d’apprêt pour préciser les lignes de crêtes.

foto696.jpg Ouf : Maître Picasso a choisi le bon jaune, un peu pastis sans doute à priori mais aprés séchage le résultat va être à la hauteur des espérances de P7R.

img5342.jpg de retour chez l’Ermite de Trémolat, sur remorque, et encore dépouillée, JV a bien retrouvé sa couleur oiginelle code 3024 pour Jaune Vanille.

Le temps a passé et depuis Jaune Vanille est retournée au bercail toute pimpante dans sa nouvelle robe. Son propriétaire vit désormais dans des angoisses existentielles dans la crainte d’abimer cette sublime peinture et il redoute moucherons, gravillons et tous objets non identifiés mais abrasifs. Mais dans quelques années il n’y fera sans doute plus trop attention.

Frère Dom admire son oeuvre

Frère Dom se receuille devant la qualité de son travail.

(article en cours)

UN « TITANIC » FRANCAIS. 23 novembre, 2009

Posté par P7R dans : Histoire,Récits , 80 commentaires

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 Tout le monde connait l’histoire du Titanic, vaisseau qui sombra lors de son voyage inaugural, et beaucoup moins connaissent l’histoire très proche du Georges Philippar, paquebot des Messageries Maritimes, construit à Saint-Nazaire, et prévu pour faire la ligne d’Extrême Orient et assurer la liaison entre la Belle Colonnie (l’Indochine) et la Métropole. Comme le Titanic, le Georges Philippar a connu une carrière trés brève car il a coulé suite à un incendie dans la Mer Rouge en mai 1932 sur le retour de son voyage ignaugural. Parmi les disparus le célèbre journaliste Albert Londres qui revenait d’un reportage à Shanghaï (Chine) sur le traffic de l’opium et c’est pourquoi on a pensé à un acte criminel imputable à une Triade, mais hypothèse non vérifié. Parmi les rescapés recueillis par de nombreux navires sur zone dont l’André-Lebon, madame Françoise Mazet femme d’un français Jean Mazet ayant fait fortune à la colonie . Il faut dire que la Dame en question était ma tante Françoise, soeur de ma mère Paulette, et que toute mon enfance a baigné dans le récit de cette tragédie familiale. Un détail m’avait frappé : dans le naufrage ma tante avait certes gardé la vie mais perdu tous ses bijoux et sa garde-robe ce qui était somme toute un moindre mal. Son mari plus agé et très amoureux avait immédiatement commandé les mêmes modèles  auprès de joaillers de la Place Vendôme et des grands couturiers . Et comme c’est la vie et qu’un bienfait est toujours sévèrement puni, quelques années plus tard ma tante quittait son mari pour partir avec son amant ; mais je ne suis pas Graham Greene ou Jean Hougron pour vous raconter la suite de ce roman vrai.Pour ceux intéressés par le naufrage du Georges Philippar voici les liens :

 

http://www.es-conseil.fr/pramona/gphilip2.html

http://www.esconseil.fr/pramona/gphilip.htm

 

gphili1.jpggphilip91.jpgDans le Port de Marseille au départ de son unique voyage. (photos collection de Bressy et Ramona, aquarelle de J.P Paoli)

A lire :

Albert Londres, mon père et le Georges Philippar

(Jean-Paul Ollivier) Entre fiction et document, ce livre de Jean-Paul Ollivier nous entraîne dans une aventure à la fois maritime, autobiographique et littéraire.Le Georges Philippar, bateau qui porte le nom du président de la Compagnie des Messageries Maritimes de son époque, n’acheva jamais son premier voyage. Il s’embrasa au large du cap Gardafui, là où l’océan Indien et la mer Rouge se rencontrent.
À son bord, se trouve Albert Londres, le célèbre reporter, de retour de Chine, se préparant à faire des révélations percutantes sur la guerre sino-japonaise. Nous sommes en mai 1932. Le circuit électrique du bateau a-t-il été saboté pour faire taire le grand reporter ?

Note de l’auteur du Blog :

Le naufrage du Georges Philippar fait partie de la saga de ma famille puisque ma tante Françoise était passagère à bord au moment du sinistre et mon enfance a retenu des détails en contradiction avec la vérité historique. Pour moi le paquebot avait sombré dans l’océan Indien, entre Ceylan et Singapore, et les rescapés avaient été recueillis par le « André-Lebon » et avaient débarqué à Singapore. Toujours dans mes souvenirs Jean Mazet avait affrété un avion pour se rendre de Saigon à Singapore afin de retrouver sa femme et la consoler en lui promettant de remplacer sa garde-robe et ses bijoux. Et en aucun cas il n’a été fait allusion à la disparition du grand reporter Albert Londres dans cette catastrophe. Fragilité de la mémoire et du témoignage humain !

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Photo de l’André Lebon prise au large de Djibouti (collection Ramona)

Pour ma part j’ai toujours le souvenir ému et précis (découverte du cinéma avec la projection du premier film de Jacques Tati : Jour de Fête.) de la traversée Marseille-Saigon avec escale à Suez, Djibouti, Colombo, Singapore avec pour final la remontée de la rivière de Saigon à partir du Cap Saint-Jacques en 1949 ou 1950. En relisant les archives des Messageries Maritimes je découvre une malédiction car comme le Georges Phillipar , l’André Lebon et le La Marseillaise ont sombré suite à un incendie.

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Le « La Marseillaise » sur la route de l’Extrême Orient.(collection Ramona).

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Au départ de Marseille en 1949, il se peut que je sois à bord avec ma famille pour rejoindre Saigon où mon père est en poste.

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Amboise au départ de Marseille, c’est sans doute sur ce paquebot que mon père rejoignit pour la première fois Saigon en 1922 ou 1923.

http://www.es-conseil.fr/pramona/marsaise.htm

DISPARITION D UN GEANT 21 octobre, 2009

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Le dernier des gentlemen drivers (car un terme équivalent n’existe pas pour les régatiers) l’emblématique Marcel Buffet, monument de la régate nationale et pilier inconditionnel du 505, cet extraordinaire dériveur léger dessiné en …1954 par le très  british » John Westel, vient de prendre son envol pour un dernier planning sous spi à l’age de 87 ans cet été, à l’hopital Ambroise Paré de Boulogne, pendant son sommeil, probablement d’une crise cardiaque. Toujours discret l’ami Marcel avait choisi une fin de mois d’aout pour ne pas déranger ses nombreux copains et amis, avait donné des instructions pour se faire incinérer dans la plus stricte intimité et une possibilité de réunir ses amis sur le plan d’eau de Meulan, son cher plan d’eau sur lequel il avait fait ses premières armes avant guerre, pour répandre ses cendres et celles de sa femme Huguette.

marcels.jpg A 85 ans Marcel tenait toujours gaillardement la barre de son Cinquo.

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Grand pavois au Cercle de la Voile de Paris, un des clubs doyens, fondé en 1896 pour la cérémonie des cendres de Marcel Buffet.

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Photo regroupant plusieurs générations d’équipiers de Marcel, de quoi faire 3 équipes de rugby à XV.

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Moment d’intense émotion : le 505 de Marcel remonte la Seine remorqué par un Riva du CVP, ses cendres et celles de sa femme Huguette sont répandues et poussées vers l’ouest par une brise d’automne sur ce plan d’eau où il est né à la navigation, devant ce club qu’il n’a jamais quitté, sur ce plan d’eau où il a régaté pendant un demi-siècle.

Quelques liens :

www.voilesetvoiliers.com/voile-legere/article/2162/5o5-disparition-de-marcel-buffet

www.voilesnews.fr/fr/info_28_22306.html

www.hem.passagen.se/waterat/marcel.html

Palmarés (succinct) de Marcel Buffet (sources revue Voiles et Voiliers)

Champion du monde en 1959 et 1960 avec Patrick Wolff. Second en 1966 avec Daniel Nottet. Deux fois troisième. Champion de France en 1959 et 1960 avec Patrick Wolff, en 1966 avec Daniel Nottet, en 1974 et 1975 avec Thierry Moreau-Desfarges. Champion d’Algérie 1960 avec Patrick Wolff. Champion d’Angleterre en 1974 avec Thierry Moreau-Desfarges. Nombreuses victoires dans les grandes épreuves classiques, Semaines internationales de Kiel, La Rochelle… 2e de l’épreuve de Ski Voile d’Antibes, en janvier 2008.

Marcel et ses équipiers :

Comme on peut le voir sur une des photos ci-dessous regrupant la plupart de ses équipiers, il a usé plusieurs générations d’équipiers, mais quelques uns sont plus emblèmatiques comme Patrick Wolff avec lequel il a été champion du monde des 505 en 1959 et 1960, Marcel et Patrick formant à l’époque un équipage de beaux gosses tout en apportant à la France ses premiers titres mondiaux. Puis Alain Lehoerf, hélas disparu prématurément, l’équipier de la préparation olympique en Flying-Dutchman et qui toute sa vie aura le chagrin de ce chavirage dans les JO de Tokyo les privant d’une médaille de bronze (l’équipage Buffet-LeHoerf 4ème). A propos de Daniel Nottet la légende veut que le jeune Daniel désirant s’initier au dériveur débarqua au volant de sa CooperS au très sélect Cercle de la Voile de Paris pour se renseigner et le premier quidam qu’il interrogea se révéla être Marcel qui cherchait un équipier …pour le championnat du Monde des 505 en 1966 à Adélaîde Et c’est comme cela après de rudes mois d’entrainement que l’ami Daniel se retrouva de débutant à équipier de haut niveau de la star française de la régate. La légende est belle, trop belle penseront certains mais comme professait John Ford dans « L’homme qui tua Liberty Valance » : « quand la légende est plus belle que la réalité, écrivez la légende« .  Thierry Moreau-Desfarges (J’ai la chance d’avoir 2 équipiers Moreau et Desfarges, pour le prix d’un gouaillait Marcel) est entré dans la légende en étant avec Marcel le seul équipage français a avoir gagné le championnat de Grande-Bretagne des 505, un exploit resté unique depuis.

Marcel et moi :

Le paradoxe a voulu que je l’ai cotoyé pendant plus de 45 ans sans avoir jamais eu l’opportunité d’être son équipier comme la plupart des membres de cette génération qui a connu l’age d’or de la régate entre 1960 et 1980. Acte 1 : championnat du monde des FD sur le Starnbergerzee (au sud de Munich) en septembre 1963. Marcel équipé par Alain LeHoerf prépare en fait les Jeux de Tokyo (ils termineront 4ème, la médaille de bronze perdue pour un chavirage dans la dernière manche) et moi je découvre la haute compétition avec l’ami Michel. Marcel est alors au mieux de sa forme physique, et en l’entendant parler on pense à Belmondo sur des dialogues d’Audiard. Acte 2 : championnat du monde des 505 à la Baule en aout 1967, 140 bateaux au départ, Marcel est parmi les meilleurs comme d’habitude , moi et mon barreur perdus dans le peloton. Puis les années se succèdent, les rencontres  lors des grandes semaines internationales ou les championnats, les uns aprés les autres nous décrochons de la haute compétition, Marcel imperturbable continue, usant des générations d’équipiers et rêvant sans doute de mourir tel Molière, à la barre de son cinquo. Dernière rencontre : il y a 2 ans nous déjeunons dans le resto de son quartier à l’orée de la forêt de Saint-Cucufa, le coup de fourchette solide, la langue bien pendue du parigot qu’il est resté, inusable Marcel.

Marcel disait :

« Je suis célèbre, très célèbre, mais dans un tout petit milieu  »

« On n’emmène pas son nougat quand on va à Montelimar » à propos des équipiers qui emmenaient leurs groupies avecx eux en régate.

« Quand on est au bal, il faut danser » quand le vent sifflait dans la rue du quai et que les équipiers ne se sentaient point trop de partir.

« Le 505 est le plus merveilleux des dériveurs, un point c’est tout ! »

« La régate se meurt car les jeunes ne sont plus des chiens enragés  »

Ainsi parlait le grand Marcel, avec cet accent parigot style pur Audiard ..que Belmondo s’est efforçé d’imiter pendant toute sa carrière.

 

ESPOIR ET TRAGEDIE AU MANS (Alpine M63) 10 mars, 2009

Posté par P7R dans : Histoire , 5 commentaires

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L’Alpine n°48 de José Rosinski et Bino Heins.

Texte écrit en souvenir et en hommage au pilote brésilien Bino Heins.

L’idée de cet article est venue d’une demande d’un lecteur brésilien du Blog de Jaune Vanille,  Mr Rui Texeira qui habite Brazilia et qui me demandait des détails sur la mort en course du pilote Bino Heins qui faisait équipe avec José Rosinski sur une Alpine M63 lors des 24 heures du Mans édition 1963.

1963 De Gaulle est Président de la République, le nom de Jean Rédélé n’est connu que de quelques intimes et spécialistes du sport automobile, et la grande tragédie de l’année est l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy à l’age de 46 ans.

1963 je suis étudiant et par un camarade de cours j’ai pour la première fois entendu parler de ce nom Alpine et en même temps…conduit une berlinette. En effet ce camarade dont j’ai oublié le nom, originaire de Nimes, avait un papa qui avait des biens et qui lui avait offert donc une berlinette. C’était une A110 avec moteur de la R8 développant 55CV qui se propulsait à près de 170 km/h vitesse fabuleuse pour l’époque. Pour les 1000 kms de Paris mon camarade m’avait proposé d’aller y assister et à l’aller il m’avait ébloui par sa conduite avec cette voiture se faufilant avec agilité et nervosité dans le traffic (ma référence était un cabriolet 203 qui bien lançé avec vent favorable pouvait voir l’aiguille flirtait avec le 130) et surtout au retour, extase extrême il m’avait confié le volant de son bolide. Ainsi pour la première fois et quasiment en même temps j’apprenais l’existence de Jean Rédélé et des ses petites voitures badgées Alpine et surtout j’en pilotais une et c’est sans doute ce jour là que j’ai pris la décision qu’un jour j’aurais une berlinette.

1963 est aussi l’ année de mise en application du premier accord de partenariat entre la Régie RENAULT et la jeune marque Alpine pour la fourniture des moteurs et aussi la première participation officielle aux 24 Heures du Mans. Trois prototypes M63 ont été engagés, la numéro 48 pour José Rosinski et Bino Heins (ce brésilient est par ailleurs le Directeur sportif de la société WILLYS OVERLAND do Brazil qui fabrique les Alpine sous licence sous le nom d’Interlagos) la numéro 49 pour René Richard et Piero Frescobaldi, et la numéro 50 pour Bernard Boyer et Guy Verrier.

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Sur la 49 on peut admirer le coté bricolo et artisanal comme la large bande adhésive pour tenir les plexis de phares à grande vitesse.

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En ce temps là le paddock au Mans avait un petit coté champêtre.

Le proto M63 avait un chassis conçu par les ingénieurs Richard Bouleau et Bernard Boyer, une coque dessinée par l’aérodynamicien Marcel Hubert, et motorisé par un moteur R8 passé entre les mains du sorcier Amédée Gordini. Avec environ un poids de 600 kgs et une puissance de 100CV ce proto pourra prendre 230 km/h dans la ligne droite des Hunaudières.

La course et le drame :

Très rapidement la n°49 de Rosinski/Heins prend la tête au classement à l’indice de performance et les 2 autres Alpine ne sont pas loin, mais à la tombée de la nuit c’est le drame. A l’entrée du virage de Mulsanne l’Aston Martin de Bruce Mac Laren explose son moteur et l’huile se répand sur la chaussée et dans la foulée la Jaguar de Roy Salvadori, l’Aston Martin Zagato de « Franc » et l’Aerodjet de Manzon se percutent, s’enchevêtrent, partent en tête à queue , en tonneaux. Quand survient la n°49 le pilote brésilien cherche à éviter les carcasses et les hommes sur la piste il braque pour passer à gauche et vient s’encastrer dans un pylone Sous la violence du choc le pilote est tué, la voiture est coupée en deux et la voiture prend feu ; quand les secours arrivent il est trop tard. Au stand Alpine c’est la consternation, mais la course continue jusqu’à l’abandon des 2 autres M63 sur casse mécanique.

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Sur ce document de mauvaise qualité on voit ce qu’il reste de la carrosserie après le choc. A noter les spectateurs en première ligne pour suivre la course, « protégés » par une barrière de jardin. Une autre époque.

Première tentative , premier échec et surtout un terrible drame humain, mais Jean Rédélé a promis qu’il reviendrait pour faire gagner une ALPINE. Promesse tenue …15 ans plus tard.

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Tous mes remerciements à Christian Descombes que j’ai pillé sans son autorisation en prenant mes sources dans son ouvrage de référence ALPINE Label Bleu édité chez EPA.

TANK RUSSE-ALLEMAND (après 62 ans dans l’eau) 9 février, 2009

Posté par P7R dans : Histoire , 84 commentaires

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Un tank russe T34 après 62 ans passés sous l’eau !!!

 Une histoire incroyable et vraie, un Tank T34 russe, capturé par la Wermacht pour son propre usage et abandonné au fond d’un lac lors de la retraite en février 1945 a été retrouvé et sorti de l’eau 62 ans après.  Voici l’histoire reconstituée à partir du moment où l’armée allemande après la Bataille de Stalingrad n’a fait que battre en retraite (1943-1945). De février à septembre 1944 il y a eu de violents combats dans la partie occidentale de l’Estonie, sur un front de 50 kms autour de Narva, combats ayant entrainé 100000 morts et 300000 blessés. Il est probable que ce tank T34 russe a été capturé par les Allemands en état de fonctionnement et réutilisé dans cette bataille après avoir été repeint sous les couleurs allemandes. A partir du 19 septembre 1944 pour éviter un encerclement les troupes allemandes se sont retirées vers l’Ouest en ordre, et on peut imaginer qu’il a été volontairement sabordé par son équipage car d’après un témoin les traçes des chenilles montrent qu’il a volontairement quitter la piste principale pour aller tout droit dans un lac où il s’est englouti. Ce témoin tout jeune garçon Kurtna Matarsjav a aperçu pendant plusieurs jours des bulles d’air apparaissant à la surface. Récemment il a témoigné de ce qu’il a vu auprès du responsable d’un club dont les membres s’intéressent à l’histoire de la Deuxième Guerre Mondiale. Igor Shedunov et les autres membres ont décidé d’organiser une expédition de plongée pour retrouver le tank englouti et une fois positionné de tenter de l’extraire avec un bulldozer Komatsu D375A-2. Opération réussie après beaucoup d’efforts comme on peut le voir sur les photos. Il s’est avéré que cette machine de guerre qui a servi des 2 cotés, était en bon état après ce très long séjour dans l’eau du lac à 7 mètres de profondeur…et qu’après quelques travaux le moteur diesel a redémarré !!!Une fois la restauration terminée le Tank T34 devrait être exposé dans un Musée de la Guerre à Godorenko.Caractéristiques du Tank T34 : poids : 28 tonnes – puissance : 500CV – vitesse maxi : 55 kmh – équipage : 4 – canon de 77 mm – mitrailleuse de 7.62 mm. Production environ : 30000. Détruits pour faits de guerre : ?.

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Une fois les accès dégagés le bulldozer se prépare à tirer 30 tonnes hors de l’eau et de la boue

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Le tank est arraché centimètre par centimètre de sa gangue de boue.

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On peut voir l’eau qui jaillit de la trappe du conducteur.

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Incroyable, pas de rouille et après lavage, révision, le moteur diesel est en état de fonctionnement et ce tank pouvait se rendre par la route vers le Musée où il va être exposé.

Ci-dessous le texte original en anglais trouvé sur le Net par l’ami Jean-Jacques de la bande des Sablettes des années 60, pour les anglicistes distingués.

PS :D ans un article précédent, il y a l’histoire d’un Tank Sherman englouti pendant le débarquement en Normandie et qui a séjourné plus de 30 ans dans la Mer. Il a été restauré et est désormais exposé sur la place centrale de Courseulles (Calvados).

   
 
WW II Russian tank with German markings uncovered after 62 years. WW II Buffs will find this  interesting.  Even after 62 years (and a little tinkering), they were able to fire up the diesel engine!
 
 A Komatsu D375A-2 bulldozer pulled the abandoned tank from its tomb under the boggy bank of a lake near Johvi , Estonia .  The Soviet-built T34/76A tank had been resting at the bottom of the lake for 56 years. According to its specifications, it’s a 27-ton machine with a top speed of 53km/hr.
 
 From February to September 1944, heavy battles were fought in the narrow, 50 km-wide, Narva front in the northeastern part of   Estonia . Over 100,000 men were killed and 300,000 men were wounded there. During battles in the summer of 1944,  the  tank was captured from the Soviet army and used by the German army. (This is the reason that there are German markings painted on the tank’s exterior.) On 19th September, 1944, German troops began an organized retreat along the Narva front.  It is suspected  that the tank was then purposefully driven into the lake to conceal
it when its captors left the area.
 
 At that time, a local boy walking by the lake, Kurtna Matasjarv, noticed tank tracks leading into the lake but not coming out anywhere. For two months he saw air bubbles emerging from the lake.  This gave him reason to believe that there must be an armored vehicle at the lake’s bottom. A few years ago, he told the story to the leader of the local war history club  ’Otsing’. Together with other club members, Mr. Igor Shedunov initiated diving expeditions to the bottom of the lake about a year ago. At the depth of 7 metres they discovered the tank resting under a 3 metre layer of peat.
 
 Enthusiasts from the club, under Mr Shedunov’s leadership, decided to pull the tank out.  In September of 2000 they turned to Mr. Aleksander Borovkovthe, manager of the Narva open pit company AS Eesti Polevkivi, to rent the company’s Komatsu D375A-2 bulldozer. (Currently used at the pit, the Komatsu dozer was manufactured in 1995, and hasrecorded 19,000 operating hours without major repairs.)
 
 The pulling operation began at 09:00 and was concluded at 15:00, with several technical breaks. The weight of the tank, combined with the travel incline, made for a pulling operation that required significant muscle. The D375A-2  handled the operation  with  power and style.  The weight of the fully-armed tank was around 30 tons, so  the active force required to retrieve it was similar. A main requirement for the 68-ton dozer was to have enough weight to prevent slippage while moving up the hill.
 
 After the tank surfaced, it turned out to be a ‘trophy tank’ that had been captured by the German army in the course of the battle at Sinimaed (Blue Hills) about six weeks before it was sunk in the lake. Altogether, 116 shells were found on board.  Remarkably, the tank was in good condition, with NO RUST, and all systems  (except the engine) in  working  condition. This  is a very rare machine, especially considering that it fought both on the Russian and the German sides. Plans are underway to fully restore the tank.  It will be displayed at a war history museum in the Gorodenko village on the left bank of the River Narv.

 

 
 
 
 
 

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